Les entreprises, les
asso, les administrations, pressées de rendre des comptes en termes de
"qualité" afin de bénéficier d'aides diverses, acceptent de devenir dépendants
des organismes qui les jugent. La structure qui souhaite être labellisée se comporte comme un entrepreneur qui doit prouver la portée de son projet pour bénéficier d'un financement, ou comme un État qui
concourt pour une notation financière.
Un label existe quand une marque décide de proposer son signe distinctif (logo, mascotte, sticker) à une structure — entreprise, association, établissements public, etc. — qui garantit le respect de certaines normes. Le label (ou la notation, ou l'agrément), assure à la structure qui le reçoit des moyens de promotion, des partenariats, parfois des aides financières.
Un label existe quand une marque décide de proposer son signe distinctif (logo, mascotte, sticker) à une structure — entreprise, association, établissements public, etc. — qui garantit le respect de certaines normes. Le label (ou la notation, ou l'agrément), assure à la structure qui le reçoit des moyens de promotion, des partenariats, parfois des aides financières.
Il y a un important marché
qui se fonde sur l'existence des labels et qui implique leur création, leur
gestion, le contrôle, les audits, les analyses des bilans d'activité
et la mise en concurrence des candidats... c'est un vrai secteur économique qui mobilise beaucoup de temps et d'argent
(public, souvent). Une quantité d'investissement d'autant plus grande que les labels, quand ils ont une durée limitée, ne sont pas
forcément reconduits.
Mais les structures
s'y soumettent quand même pour en tirer de la reconnaissance. Lorsqu'on
gagne une médaille, c'est pour pouvoir la porter et faire
briller sa réputation. De quoi donner raison à Napoléon Bonaparte
qui, pour justifier la création de l'ordre de la Légion d'honneur, affirmait
que "c'est avec des hochets qu'on mène les
hommes".
Qu'en est-il sur le
terrain ? En réalité, l'attribution de labels cautionne souvent "l'effort
de bonne volonté" que manifeste une structure, plus que la façon dont elle
remplit réellement les critères demandés. Ainsi une municipalité, une
administration publique, une petite entreprise ou un monopole commercial
peut gagner un label très valorisant, mettons, sur le 'management' plus humain, tout en abritant des méthodes intolérables en gestion
du personnel. Ou glaner un label en matière de développement durable, alors que
son activité exige des modes d'extraction et de transports ultracarbonés et une
sous-traitance dégueulasse.

