En 5 mois, j'ai quand même glané quelques découvertes. Cette semaine, je vous invite à faire un tour au festival organisé par le Lavoir Moderne Parisien, appelé «nous sommes tous des Africains» : sous son appelation un peu démagogique, le festival propose une programmation passionnante.
A voir au LMP, donc : POLYMACHIN, pièce écrite et interpêtée par Les Cruellas : deux comédiennes sénégalaises qui abordent la polygamie d'abord sur le mode burlesque et gestuel, pour glisser vers une critique de ce système et une peinture des drames familiaux générés par la polygamie, mais sans jamais se départir de la dérision qui marque la pièce. La complicité fait des miracles entre les deux comédiennes, expressives et pertinentes.
Une excellente pièce, à l'écriture précise et émouvante, à suivre... :
Polymachin se joue encore mardi 27 et mercredi 28 au LMP, 35 rue Léon dans le 18è à Paris. C'est à 19h30 et l'entrée est de 15 Eu, 10 Eu ou 5 Eu (pour les adhérents du LMP).
Et samedi 24 juillet (CE SOIR !) à 21h00 à Saint Hilaire d'Estissac,
puis dimanche 25 Juillet (DEMAIN !) à 16h00 au théâtre de la Poivrière à Saint Astier (en Dordogne)
infos : http://www.noiraufeminin.com/article.php?aid=3952
Au LMP encore, je vais aussi découvrir la pièce BLACK BAZAR, adaptée du bouquin éponyme de Mamanckou. Les bouquins de cet écrivain congolais sont fabuleux, truculents, drôles et tragiques ; le comédien centrafricain Modeste Nzapassara, qui jouera ça tout seul sur scène, a tâté des louanges de ceux qui l'ont vu. L'histoire : « Fessologue est un « Sapeur » un dandy Congolais amateur des costumes de grands couturiers, des cols italiens et des chaussures Weston. L’habit fait-il le moine ? » dit le site du LMP :
http://www.rueleon.tv/programme_lmp.php?Segment=&Id=17&id=2736
Black Bazar se joue mardi 27 et mercredi 28 juillet au LMP, à 21h.
Toutes les infos sont là : http://www.rueleon.net/
un blog pour observer les méthodes de la pub et aux formes de propagande, contre le langage marchand et son monde
24 juillet 2010
31 mars 2010
Clarins toi l'oeil !
Dans la série "eh les meufs, vous n'en avez pas marre qu'on vous parle comme ça ???", j'ai trouvé cette publicité Clarins dans un quotidien : une véritable ode à la grâce et à la poésie.
Le vélo dressé, la selle, le slogan "succombez aux Tentations Corps Clarins", le flacon qui ressemble à un gode: les femmes pourront-elles se payer des orgasmes en achetant ce produit ?
Heureusement Clarins n'a jamais réédité cette pub.

Le vélo dressé, la selle, le slogan "succombez aux Tentations Corps Clarins", le flacon qui ressemble à un gode: les femmes pourront-elles se payer des orgasmes en achetant ce produit ?
Heureusement Clarins n'a jamais réédité cette pub.
embrassez le sphinx ! (le conformisme comportemental du touriste)
Les photos prises par les touristes quand ils approchent du Sphinx, durant leur voyage en Egypte, montrent que, là aussi, il est question de "faire ce que tout le monde fait". J'ai collecté sur google images, d'après diverses sources, ces photos. Les gens, revenus d'Egypte, mettent en ligne leurs photos et je n'ai eu qu'à les accumuler...
On visite les lieux obligés, sans tenter le dépaysement ; on emprunte le circuit et on fait sa photo dans cette pose, toujours la même, "comme tous les autres" ; il ne s'agit ni d'être original ni d'être drôle, mais de s'inscrire dans un rituel familier.
...Evidemment que je me suis amusé à faire ce montage !
On visite les lieux obligés, sans tenter le dépaysement ; on emprunte le circuit et on fait sa photo dans cette pose, toujours la même, "comme tous les autres" ; il ne s'agit ni d'être original ni d'être drôle, mais de s'inscrire dans un rituel familier.
...Evidemment que je me suis amusé à faire ce montage !
30 mars 2010
la liberté attend ceux qui quittent leurs communautés
Je réagis à une discussion récente, où j'entendais ceci, en substance : "moi qui ai fait le choix de la liberté, je n'aime pas le conformisme des religieux, qui se voilent, se chapeautent ou s'emperruquent". Et je soutenais que nous, athées, on n'était pas forcément plus libres qu'eux... rien de neuf : on est tous faits de conformismes, et si ce n'est pas dans les apparences, c'est parfois plus profondément : dans nos comportements, notre façon de penser.
On peut se féliciter d'être athée ou libéral, mais quand on grandit dans un milieu athée ou libéral, on ne fait que suivre des voies déjà tracées.
Si les religieux sont conformistes, ils sont bien conscients de se conformer avant tout à des codes vestimentaires et de conduite, et ils peuvent garder, dans une certaine mesure, une liberté de pensée. Les autres, qui se félicitent de leur liberté (leur ego se satisfait mal d'admettre ce à quoi ils se soumettent), suivent souvent des codes d'apparences, eux aussi : se teindre les cheveux quand ils blanchissent, s'habiller comme on s'habille à un certain âge, tenir notre rang social, sexuel, politique ou communautaire. Sans parler des marques de vêtements, des apparats, des bijoux, de la voiture qu'on possède, des manières dont on les exhibe.
Par exemple, certains peuvent sans doute deviner des idées que je défends en observant ma façon de me comporter, mes vêtements. Parce que oui, on représente presque toujours notre appartenance (communautaire, politique ou sociale) par notre apparence. Mais qu'est-ce qui nous oblige à ça ?
Pas grand-chose, sinon la force inconsciente du collectif.
Finalement, les femmes voilées ou emperruquées, les barbus, les moines, les VRP en costumes 3-pièces..., se soumettent à des obligations bien plus impérieuses : il leur est demandé de respecter des codes vestimentaires, et il est bien plus difficile, pour eux que pour moi, d'y déroger sans être discrédité.
Le "choix" des femmes voilées ou emperruquées, par exemple, existe, mais il faut se rappeler qu'il est très difficile de refuser les codes de son groupe, car le prix peut être de se soustraire entièrement à ce groupe. Le juif loubavitch qui refuse les papillotes et l'austérité vestimentaire ; la musulmane d'une communauté ultra-religieuse, qui par cohérence avec ses idées, déciderait de se balader en short et à visage découvert ; le transsexuel, qui pour assumer ce qu'il est, se met à porter des vêtements faits pour l'autre sexe ; le dernier héritier d'une noblesse provinciale qui se choisit des fringues au rabais trouées, avec des piercings... Pour ceux-là, abandonner une série de codes et adopter une autre apparence revient à s'exclure de leurs groupes d'origine. C'est forcément une rupture, violente mais fondatrice. C'est violent, quand nos rejets sont plus forts que le besoin de reconnaissance de nos proches. C'est fondateur, quand on assume ce qu'on est, plus fortement que ce qui est exigé de nous.
Ils sont nombreux, ceux d'entre nous qui sont prêts à s'extraire de leurs groupes d'origine ?
Eh ouais : la liberté est le fruit de ruptures et de renoncements.
Alors, ceux d'entre nous qui ne subissent pas de diktats religieux ou communautaires, mais qui obéissent pourtant à des diktats vestimentaires et comportementaux : n'obéissent-ils pas à quelque chose de plus rampant et de plus efficacement imposé ? Sans doute. La société libérale impose ses codes. On tient son rang ; on sauve les apparences ; on affiche nos idées, nos appartenances à des communautés, artistiques, politiques, sociales... avec la trouille de perdre la reconnaissance de nos pairs. Je repense en souriant à un uniforme : pantalon treillis et veste survêt vintage, bonnet péruvien, barbe de trois jours ou bandeau touareg sur la tête des filles — un ensemble estampillé "intermittent du spectacle". Un exemple. Quand aucune loi ne nous impose d'apparat, la seule chose qui peut nous forcer à adopter des codes, c'est l'auto-persuasion inconsciente.
La liberté, elle pousse à s'extraire des codes, même des codes implicites, des styles et des modes. La liberté, ce n'est pas de conformer à l'uniforme qui clame "voyez comme je suis libre" ; c'est s'habiller d'une chemise à jabot au bureau, ou mettre un foulard Hermès en rave-party.
On peut se féliciter d'être athée ou libéral, mais quand on grandit dans un milieu athée ou libéral, on ne fait que suivre des voies déjà tracées.
Si les religieux sont conformistes, ils sont bien conscients de se conformer avant tout à des codes vestimentaires et de conduite, et ils peuvent garder, dans une certaine mesure, une liberté de pensée. Les autres, qui se félicitent de leur liberté (leur ego se satisfait mal d'admettre ce à quoi ils se soumettent), suivent souvent des codes d'apparences, eux aussi : se teindre les cheveux quand ils blanchissent, s'habiller comme on s'habille à un certain âge, tenir notre rang social, sexuel, politique ou communautaire. Sans parler des marques de vêtements, des apparats, des bijoux, de la voiture qu'on possède, des manières dont on les exhibe.
Par exemple, certains peuvent sans doute deviner des idées que je défends en observant ma façon de me comporter, mes vêtements. Parce que oui, on représente presque toujours notre appartenance (communautaire, politique ou sociale) par notre apparence. Mais qu'est-ce qui nous oblige à ça ?
Pas grand-chose, sinon la force inconsciente du collectif.
Finalement, les femmes voilées ou emperruquées, les barbus, les moines, les VRP en costumes 3-pièces..., se soumettent à des obligations bien plus impérieuses : il leur est demandé de respecter des codes vestimentaires, et il est bien plus difficile, pour eux que pour moi, d'y déroger sans être discrédité.
Le "choix" des femmes voilées ou emperruquées, par exemple, existe, mais il faut se rappeler qu'il est très difficile de refuser les codes de son groupe, car le prix peut être de se soustraire entièrement à ce groupe. Le juif loubavitch qui refuse les papillotes et l'austérité vestimentaire ; la musulmane d'une communauté ultra-religieuse, qui par cohérence avec ses idées, déciderait de se balader en short et à visage découvert ; le transsexuel, qui pour assumer ce qu'il est, se met à porter des vêtements faits pour l'autre sexe ; le dernier héritier d'une noblesse provinciale qui se choisit des fringues au rabais trouées, avec des piercings... Pour ceux-là, abandonner une série de codes et adopter une autre apparence revient à s'exclure de leurs groupes d'origine. C'est forcément une rupture, violente mais fondatrice. C'est violent, quand nos rejets sont plus forts que le besoin de reconnaissance de nos proches. C'est fondateur, quand on assume ce qu'on est, plus fortement que ce qui est exigé de nous.
Ils sont nombreux, ceux d'entre nous qui sont prêts à s'extraire de leurs groupes d'origine ?
Eh ouais : la liberté est le fruit de ruptures et de renoncements.
Alors, ceux d'entre nous qui ne subissent pas de diktats religieux ou communautaires, mais qui obéissent pourtant à des diktats vestimentaires et comportementaux : n'obéissent-ils pas à quelque chose de plus rampant et de plus efficacement imposé ? Sans doute. La société libérale impose ses codes. On tient son rang ; on sauve les apparences ; on affiche nos idées, nos appartenances à des communautés, artistiques, politiques, sociales... avec la trouille de perdre la reconnaissance de nos pairs. Je repense en souriant à un uniforme : pantalon treillis et veste survêt vintage, bonnet péruvien, barbe de trois jours ou bandeau touareg sur la tête des filles — un ensemble estampillé "intermittent du spectacle". Un exemple. Quand aucune loi ne nous impose d'apparat, la seule chose qui peut nous forcer à adopter des codes, c'est l'auto-persuasion inconsciente.
La liberté, elle pousse à s'extraire des codes, même des codes implicites, des styles et des modes. La liberté, ce n'est pas de conformer à l'uniforme qui clame "voyez comme je suis libre" ; c'est s'habiller d'une chemise à jabot au bureau, ou mettre un foulard Hermès en rave-party.
17 mars 2010
"le jeu de la mort" - La Zone Xtrème - the crime inside me
L'émission qui fait grand foin ces temps-ci, c'est "Le Jeu de la Mort", émission de Christophe Nick qui remet réédite l'expérience de Milgram menée en 1963 au sein de l'université de Yale. Cette expérience était censée montrer scientifiquement jusqu'où peut aller la soumission des êtres humains à l'autorité. Des joueurs posaient des questions à un sujet, actionnant des manettes susceptibles d’administrer des chocs électriques mortels à une victime consentante. Il s'agissait d'une mise en scène, mais les questionneurs — les cobayes — l'ignoraient.
Plus de 60% de "cobayes" envoyaient des décharges mortelles. On en avait tiré des conclusions terrifiantes sur la nature humaine, sur la capacité à obéir à des injonctions même si elles étaient mortelles, on a expliqué par la science les mécanismes psychologiques des tortionnaires, des miliciens des régimes totalitaires, des soldats en guerre, etc.
Une expérience similaire a été menée dans les années 2000 et les conclusions étaient à peine plus encourageantes.
La télé remet donc le couvert avec le Jeu de la mort, où on verra les questionneurs et le questionné torturé. 81% de tueurs potentiels ? Quoi ? 81% des joueurs ont donné des décharges mortelles ou presque mortelles ?
Oui, ça questionne. Quelles questions ça peut poser ?
le crime dans ma peau
Il nous semble toujours compliqué d'admettre que dans des situations "extrêmes", sous la pression ultime, nous pouvons être poussés au meutre gratuit. Les tortionnaires de Pinochet, les Khmers rouges, les nazis sont des monstres, des barbares, ils n'ont rien d'humain. Les serial killers, les pédophiles, sont des monstres. On a tendance ainsi à les exclure ainsi de l'espèce humaine. Or en disant ça on évacue tout ce qu'ils ont d'humain, justement : leurs faiblesses, leurs peurs, leur propension à devenir malléables ; on évacue le fait que bien souvent, les criminels sont avant tout sous influence — de pulsions incontrôlées. Quant aux militaires, bourreaux, censeurs et miliciens, ils sont sous influence d'une autorité malfaisante. Chacun de nous est la somme de toutes ses énergies, ses faiblesses et ses peurs. On peut assumer ces fêlures, les apprivoiser, les transformer en atouts ; on peut à l'inverse les nier, pour les traduire plus tard en violence contre ceux qui nous sont plus faibles, plus démunis.
L'expérience de Milgram, remise au goût du jour par France2, nous oblige à y réfléchir.
la campagne "Boycott Désinvestissement et Sanction" : une stratégie casse-gueule.
La campagne BDS, comme "boycott, désinvestissement et sanctions", contre la politique israélienne, a été lancée il y a quelques années déjà. Elle vise à s'opposer à la colonisation, à la violation des droits des arabes palestiniens, et du droit international, aux offensives meurtrières contre les populations, à Gaza ou au Liban.
La campagne a son site et ses soutiens : assos pro-palestiniennes radicales ou communautaires ; comités politiques ; associations communautaires maghrébines, juives, arabes ; organisations syndicales ; NPA. Elle a ses soutiens dans de nombreux pays également. La gauche "de combat".
Elle draine pas mal de sensibilités, elle est médiatisée par de nombreux réseaux, et je me satisfais que la politique coloniale israélienne connaisse ainsi un revers d'opinion internationale. Il faut s'opposer évidemment à cette politique raciste.
Mais la campagne révèle plusieurs choses, dont certaines qui me paraissent gênantes.
D'abord, que le droit des palestiniens soit l'objet d'un combat sans aucune mesure avec d'autres causes internationales : à force d'enfoncer des portes défoncées à force d'être ouvertes à propos de l'état israélien, de nombreux signataires ne lèvent pas le petit doigt à propos d'autres états coupables de méfaits bien plus vastes encore que ceux commis par Israël. Que dalle, silence, à propos du Sri-Lanka, du Soudan, de la Chine, de l'Afghanistan, de la Russie, et d'autres états coupables de crimes de masses.
Mais on retrouve le goût immodéré de militants associatifs pour ce cheval de bataille, parfois le seul qu'ils savent monter : la lutte contre Israël, parfois appelée lutte anti-sioniste. Cette indignation choisie.
Ca ne serait pas gênant si l'état d'Israël incarnait et exerçait toutes les vilénies des autres états criminels... mais est-ce le cas ?
Remarquons que cette campagne n'a pas exclus certaines organisations (type CAPJPO, indigènes de la république...) (1) ; des organisations quasi communautaires et parfois raciste, qui, vu leurs positions habituelles, voient encore ici l'occasion de s'en prendre aux Juifs et à leurs communautés ; des organisations qui ne voient en Israël qu'une entité criminelle.
En tant que syndicaliste internationaliste (et même avec mon origine juive), j'ai autant de bonnes raisons de porter une critique sur le régime israélien que sur les régimes iranien ou libyen — pour ne prendre que des adversaires d'Israël qui mènent eux aussi une politique discriminante et criminelle : il suffit de se pencher sur le nombre de meurtres politiques ou sociétaux (des homosexuels, des intellectuels, des opposants) en Iran ou ailleurs... alors, oui, il y a 2 poids 2 mesures dans cette indignation de "gauchistes consciencieux".
Et c'est le genre de raccourcis simplistes qui m'exaspère chez ces organisations politiques de gauche dont je soutiens pourtant la vision sociale.
Ce qui est révélateur ensuite, c'est la stratégie de la campagne BDS ; le choix de ce qu'on boycotte. L'appel pousse à boycotter les produits alimentaires, les "produits culturels" — "Tous les produits culturels commissionnés par un organisme israélien officiel (ministère, municipalité, ambassade, consulat, fond du cinéma public ou d’Etat, etc.) méritent d’être boycottés" —, les évènements sportifs, les institutions et produits universitaires. Une stratégie d'isolement des ciotyens israéliens...
Cette stratégie implique un boycott des produits issus des kibboutzim progressistes autogérés (comme Givat Haim) ; des produits israéliens issus d'entreprises petites ou locales, où des Juifs, parfois des Arabes, sont salariés, dirigeants (c'est plus rare pour les Arabes), promoteurs ; des innovations scientifiques qui peuvent profiter à d'autres pays (je pense à l'Afrique et à l'irrigation, par exemple).
Elle implique aussi un boycott des créations culturelles subversives et courageuses, des films comme Valse avec Bachir, des expériences de théâtre subventionné, des organes de presse de gauche, des musiciens passionnants comme Israël en regorge.
On en arrivera à viser les citoyens israéliens, Juifs, Musulmans, Chrétiens, athées, émigrés récents ou depuis 6 générations, tous considérés implicitement comme des soutiens du sionisme nationaliste et de Tsahal... Au lieu de quoi ? au lieu de peser sur le régime israélien, sur les instances internationales. Au lieu de boycotter les exportations ciblées (certaine presse, certains produits industriels, fruits de l'exploiataion des Arabes, etc.). Au lieu de mener campagne auprès de l'opinion, non contre les Israéliens mais contre leurs dirigeants.
Pour ce qui est du boycott d'Israël, je crois qu'il ne sert que la propagande du panarabisme anti-israélien — qui érige Israël comme ennemi bien pratique, pour éviter de parler d'évoquer sa propre corruption et ses propres dictatures meurtrières.Voilà, c'est dit.
Les campagnes de boycott m'ont toujours emmerdé, que ce soit contre la Turquie ou contre la Chine, parce qu'elles marginalisent toute la population administrée par un régime. Parce qu'on devrait aussi nous regarder, nous, pays démocratiques modèles où, bien sûr, personne n'est jamais humilié, rejeté ni exclus...
(1) : voir les propos de D. Bensaïd sur les Indigènes de la république
La campagne a son site et ses soutiens : assos pro-palestiniennes radicales ou communautaires ; comités politiques ; associations communautaires maghrébines, juives, arabes ; organisations syndicales ; NPA. Elle a ses soutiens dans de nombreux pays également. La gauche "de combat".
Elle draine pas mal de sensibilités, elle est médiatisée par de nombreux réseaux, et je me satisfais que la politique coloniale israélienne connaisse ainsi un revers d'opinion internationale. Il faut s'opposer évidemment à cette politique raciste.
Mais la campagne révèle plusieurs choses, dont certaines qui me paraissent gênantes.
D'abord, que le droit des palestiniens soit l'objet d'un combat sans aucune mesure avec d'autres causes internationales : à force d'enfoncer des portes défoncées à force d'être ouvertes à propos de l'état israélien, de nombreux signataires ne lèvent pas le petit doigt à propos d'autres états coupables de méfaits bien plus vastes encore que ceux commis par Israël. Que dalle, silence, à propos du Sri-Lanka, du Soudan, de la Chine, de l'Afghanistan, de la Russie, et d'autres états coupables de crimes de masses.
Mais on retrouve le goût immodéré de militants associatifs pour ce cheval de bataille, parfois le seul qu'ils savent monter : la lutte contre Israël, parfois appelée lutte anti-sioniste. Cette indignation choisie.
Ca ne serait pas gênant si l'état d'Israël incarnait et exerçait toutes les vilénies des autres états criminels... mais est-ce le cas ?
Remarquons que cette campagne n'a pas exclus certaines organisations (type CAPJPO, indigènes de la république...) (1) ; des organisations quasi communautaires et parfois raciste, qui, vu leurs positions habituelles, voient encore ici l'occasion de s'en prendre aux Juifs et à leurs communautés ; des organisations qui ne voient en Israël qu'une entité criminelle.
En tant que syndicaliste internationaliste (et même avec mon origine juive), j'ai autant de bonnes raisons de porter une critique sur le régime israélien que sur les régimes iranien ou libyen — pour ne prendre que des adversaires d'Israël qui mènent eux aussi une politique discriminante et criminelle : il suffit de se pencher sur le nombre de meurtres politiques ou sociétaux (des homosexuels, des intellectuels, des opposants) en Iran ou ailleurs... alors, oui, il y a 2 poids 2 mesures dans cette indignation de "gauchistes consciencieux".
Et c'est le genre de raccourcis simplistes qui m'exaspère chez ces organisations politiques de gauche dont je soutiens pourtant la vision sociale.
Ce qui est révélateur ensuite, c'est la stratégie de la campagne BDS ; le choix de ce qu'on boycotte. L'appel pousse à boycotter les produits alimentaires, les "produits culturels" — "Tous les produits culturels commissionnés par un organisme israélien officiel (ministère, municipalité, ambassade, consulat, fond du cinéma public ou d’Etat, etc.) méritent d’être boycottés" —, les évènements sportifs, les institutions et produits universitaires. Une stratégie d'isolement des ciotyens israéliens...
Cette stratégie implique un boycott des produits issus des kibboutzim progressistes autogérés (comme Givat Haim) ; des produits israéliens issus d'entreprises petites ou locales, où des Juifs, parfois des Arabes, sont salariés, dirigeants (c'est plus rare pour les Arabes), promoteurs ; des innovations scientifiques qui peuvent profiter à d'autres pays (je pense à l'Afrique et à l'irrigation, par exemple).
Elle implique aussi un boycott des créations culturelles subversives et courageuses, des films comme Valse avec Bachir, des expériences de théâtre subventionné, des organes de presse de gauche, des musiciens passionnants comme Israël en regorge.
On en arrivera à viser les citoyens israéliens, Juifs, Musulmans, Chrétiens, athées, émigrés récents ou depuis 6 générations, tous considérés implicitement comme des soutiens du sionisme nationaliste et de Tsahal... Au lieu de quoi ? au lieu de peser sur le régime israélien, sur les instances internationales. Au lieu de boycotter les exportations ciblées (certaine presse, certains produits industriels, fruits de l'exploiataion des Arabes, etc.). Au lieu de mener campagne auprès de l'opinion, non contre les Israéliens mais contre leurs dirigeants.
Pour ce qui est du boycott d'Israël, je crois qu'il ne sert que la propagande du panarabisme anti-israélien — qui érige Israël comme ennemi bien pratique, pour éviter de parler d'évoquer sa propre corruption et ses propres dictatures meurtrières.Voilà, c'est dit.
Les campagnes de boycott m'ont toujours emmerdé, que ce soit contre la Turquie ou contre la Chine, parce qu'elles marginalisent toute la population administrée par un régime. Parce qu'on devrait aussi nous regarder, nous, pays démocratiques modèles où, bien sûr, personne n'est jamais humilié, rejeté ni exclus...
(1) : voir les propos de D. Bensaïd sur les Indigènes de la république
9 février 2010
"Mother", de Bong Joon-Ho
Wahou !
"Mother", le nouveau film de Bong Joon-Ho, m'a vraiment plu.
La maman d'un jeune homme un peu attardé, dépendant, fait tout pour l'innocenter du terrible meurtre d'une jeune fille. Ca démarre comme une intrigue policière, avec mystère et enquête à la clé.
L'ambiance est un peu flippante, les situations étranges et burlesques.
Le réalisateur dessine à travers cette intrigue une Corée corrompue, où les puissants utilisent les faibles comme faire-valoir, où la justice est bâclée, où la vérité des choses est méprisée.
Puis le film se focalise sur la mère, la mère et son fils
Le garçon n'essaie pas de se défendre, tout d'abord : cette épreuve semble pour lui l'occasion de s'endurcir vis-à-vis de sa mère.
Dans un premier temps celle-ci va mettre sa dignité, son intégrité, sa vie en jeu, même, pour le sauver. On croit à un dévouement sans limite...
Puis on s'aperçoit qu'il s'agit surtout de se sauver elle-même à ses propres yeux. Et que pour ça, il faut maintenir son fils dans la dépendance, le laisser dans l'illusion d'une mère transcendante, sans qu'il puisse s'en affranchir. Quand ce fils, émergeant de la torpeur où il vivait, découvre cette vérité, la mère est ébranlée : remise en question par son propre fils, c'est toute son existence de mère qui perd son sens ; alors elle pète les plombs, elle lui dit qu'elle a tout fait pour lui parce qu'elle l'a fait pour elle... "Toi, c'est moi", hurle-t-elle, et on comprend qu'elle le dévore, qu'elle lui a toujours confisqué sa liberté.
Ce film pousse au paroxysme les relations fusionnelles des mères et de leurs fils, ce genre de relations qu'entretiennent certaines femmes dès qu'elles sont responsables d'un garçon, quitte à maintenir leur rejeton dans l'irresponsabilité ; le genre de relations qu'entretiennent aussi leurs garçons pour ne pas ébranler l'image de la mère transcendante, pour se maintenir dans l'absence de choix...
Mis en scène dans "Mother", avec la folie des personnages, ça rend quelque chose d'assez troublant, violent. La salle était pleine mais s'est un peu vidée pendant la séance. Un tel propos ne peut qu'heurter certains dans leur vision idyllique de la maternité et de la filiation.
La réalisation elle-même ? Superbes images mais sans esbrouffe, ambiances palpables, personnages superbes. Et une intrigue magistralement menée et une mise en scène sans concession (que j'avais déjà trouvé à ce réalisateur dans son précédent film, "the Host").
La vache, oui, ce film m'a vraiment plu...
"Mother", le nouveau film de Bong Joon-Ho, m'a vraiment plu.
La maman d'un jeune homme un peu attardé, dépendant, fait tout pour l'innocenter du terrible meurtre d'une jeune fille. Ca démarre comme une intrigue policière, avec mystère et enquête à la clé.
L'ambiance est un peu flippante, les situations étranges et burlesques.
Le réalisateur dessine à travers cette intrigue une Corée corrompue, où les puissants utilisent les faibles comme faire-valoir, où la justice est bâclée, où la vérité des choses est méprisée.
Puis le film se focalise sur la mère, la mère et son fils
Le garçon n'essaie pas de se défendre, tout d'abord : cette épreuve semble pour lui l'occasion de s'endurcir vis-à-vis de sa mère.
Dans un premier temps celle-ci va mettre sa dignité, son intégrité, sa vie en jeu, même, pour le sauver. On croit à un dévouement sans limite...
Puis on s'aperçoit qu'il s'agit surtout de se sauver elle-même à ses propres yeux. Et que pour ça, il faut maintenir son fils dans la dépendance, le laisser dans l'illusion d'une mère transcendante, sans qu'il puisse s'en affranchir. Quand ce fils, émergeant de la torpeur où il vivait, découvre cette vérité, la mère est ébranlée : remise en question par son propre fils, c'est toute son existence de mère qui perd son sens ; alors elle pète les plombs, elle lui dit qu'elle a tout fait pour lui parce qu'elle l'a fait pour elle... "Toi, c'est moi", hurle-t-elle, et on comprend qu'elle le dévore, qu'elle lui a toujours confisqué sa liberté.
Ce film pousse au paroxysme les relations fusionnelles des mères et de leurs fils, ce genre de relations qu'entretiennent certaines femmes dès qu'elles sont responsables d'un garçon, quitte à maintenir leur rejeton dans l'irresponsabilité ; le genre de relations qu'entretiennent aussi leurs garçons pour ne pas ébranler l'image de la mère transcendante, pour se maintenir dans l'absence de choix...
Mis en scène dans "Mother", avec la folie des personnages, ça rend quelque chose d'assez troublant, violent. La salle était pleine mais s'est un peu vidée pendant la séance. Un tel propos ne peut qu'heurter certains dans leur vision idyllique de la maternité et de la filiation.
La réalisation elle-même ? Superbes images mais sans esbrouffe, ambiances palpables, personnages superbes. Et une intrigue magistralement menée et une mise en scène sans concession (que j'avais déjà trouvé à ce réalisateur dans son précédent film, "the Host").
La vache, oui, ce film m'a vraiment plu...
"Tolérance", la vertu des tièdes.
La tolérance est un principe vendu aujourd'hui comme une valeur fondatrice. Mais c'est pourtant une posture destructrice. Derrière ce mot, on voudrait évoquer un discours politique très années 80, le touche-pas-à-mon-pote, le métissage, la diversité culturelle et artistique contre la morosité, le sourire contre le FN. Aujourd'hui, n'être "pas tolérant", c'est pas cool : plus encore que l'honnêteté, les institutions exigent la tolérance.
Mais c'est un dogme. La tolérance est surtout l'argument vendeur des chansons à succès, des histoires au cinéma et des stars prêtes-à-consommer. "un magnifique film sur la tolérance" ; "un livre pour apprendre la tolérance à vos enfants", etc.
D'abord, tolérer quelqu'un implique d'être dans une position de domination sur lui. Illustration simple : le préfet peut tolérer qu'une personne immigrée vive, ou non, sur le territoire. Mais cette personne peut-elle tolérer le mode de vie du préfet ? Non, parce que ça ne fonctionne qu'à sens unique. On ne tolère que ceux qu'on juge et qu'on peut innocenter ou condamner.
Et qu'est-ce que la tolérance quand on fait partie des citoyens administrés ? Si on doit tolérer la misère et l'exclusion sociale, les conditions de travail minables, la violence d'Etat, les pratiques religieuses sexistes et liberticides, les violences communautaires, l'abrutissement général des téléspectateurs par les programmes débiles, on pourrait plutôt parler de résignation, non ?
On notera que les dirigeants qui depuis 40 ans prônent la tolérance sont ceux qui attendent de nous qu'on soit bien "flexibles" et qu'on s'adapte à la violence qu'ils imposent sur leurs administrés. Un peuple tolérant est un peuple contrôlable, les flics et les grands médias tiennent leurs places, et tous nous invitent à garder le sourire et à carpe diem, à nous adapter au néolibéralisme. Quelle hypocrisie.
Tolérer le monde tel qu'il, sans rien y faire. Rivaliser de dynamisme et de sourire, mais rester mou, sans opinion, sans prise de risque. Une chose est sûre, ça demande moins d'efforts que de choisir entre : accepter les choses ou les refuser.
Autre chose : actuellement il y a un discours d'extrême-droite qui consiste à défendre la liberté d'expression totale, à dessein d'exprimer la parole raciste, antisémite, homophobe. Rien de nouveau. Déjà dans les années 30, accompagnant la montée du nazisme, la Libre Parole était le nom d'un journal raciste et antisémite en France, qui banalisait la haine. Son fond de commerce : aucune expression, même les appels aux persécutions et aux meurtres, ne devait être illégale. Or le racisme n'est pas une opinion mais un délit.
Pour progresser vers l'autre, il faut de l'acceptation, du respect. Accepter l'autre tel qu'elle est, c'est le faire sans jugement ni sentiment de supériorité. Accepter une nouvelle situation, c'est tenter de trouver les moyens d'y évoluer.
Refusons la tolérance (et encore plus, l'intolérance !)
Mais c'est un dogme. La tolérance est surtout l'argument vendeur des chansons à succès, des histoires au cinéma et des stars prêtes-à-consommer. "un magnifique film sur la tolérance" ; "un livre pour apprendre la tolérance à vos enfants", etc.
D'abord, tolérer quelqu'un implique d'être dans une position de domination sur lui. Illustration simple : le préfet peut tolérer qu'une personne immigrée vive, ou non, sur le territoire. Mais cette personne peut-elle tolérer le mode de vie du préfet ? Non, parce que ça ne fonctionne qu'à sens unique. On ne tolère que ceux qu'on juge et qu'on peut innocenter ou condamner.
Et qu'est-ce que la tolérance quand on fait partie des citoyens administrés ? Si on doit tolérer la misère et l'exclusion sociale, les conditions de travail minables, la violence d'Etat, les pratiques religieuses sexistes et liberticides, les violences communautaires, l'abrutissement général des téléspectateurs par les programmes débiles, on pourrait plutôt parler de résignation, non ?
On notera que les dirigeants qui depuis 40 ans prônent la tolérance sont ceux qui attendent de nous qu'on soit bien "flexibles" et qu'on s'adapte à la violence qu'ils imposent sur leurs administrés. Un peuple tolérant est un peuple contrôlable, les flics et les grands médias tiennent leurs places, et tous nous invitent à garder le sourire et à carpe diem, à nous adapter au néolibéralisme. Quelle hypocrisie.
Tolérer le monde tel qu'il, sans rien y faire. Rivaliser de dynamisme et de sourire, mais rester mou, sans opinion, sans prise de risque. Une chose est sûre, ça demande moins d'efforts que de choisir entre : accepter les choses ou les refuser.
Autre chose : actuellement il y a un discours d'extrême-droite qui consiste à défendre la liberté d'expression totale, à dessein d'exprimer la parole raciste, antisémite, homophobe. Rien de nouveau. Déjà dans les années 30, accompagnant la montée du nazisme, la Libre Parole était le nom d'un journal raciste et antisémite en France, qui banalisait la haine. Son fond de commerce : aucune expression, même les appels aux persécutions et aux meurtres, ne devait être illégale. Or le racisme n'est pas une opinion mais un délit.
Pour progresser vers l'autre, il faut de l'acceptation, du respect. Accepter l'autre tel qu'elle est, c'est le faire sans jugement ni sentiment de supériorité. Accepter une nouvelle situation, c'est tenter de trouver les moyens d'y évoluer.
Refusons la tolérance (et encore plus, l'intolérance !)
Voici ce qu'en disait un médiatique prof de philo, Charles Pépin :
"... Comme cet homme raciste : vous tolérez deux de ses blagues mais pas trois. Qu'elle dépende d'un seuil quantitatif prouve que la tolérance n'est pas une valeur en soi. (...) La tolérance est une valeur négative ; le respect, une valeur positive. Respecter la différence, c'est aller vers elle, au risque d'ailleurs de revenir changé. Tolérer l'autre, c'est ne pas aller vers lui alors qu'on voudrait le frapper. Le respect vise le bien, la tolérance le moindre mal."
Entretien de Jean-Michel Carré, réalisateur du docu "Les Travailleu(r)ses du Sexe"
Jean-Michel Carré a d'abord fait des films sur les mutations de notre rapport au travail, sur l'enfermement en milieu carcéral, sur les conditions sociales qui génèrent malaise et délinquance. Un observateur, malin et pertinent.
"J'ai (très) mal au travail", que j'avais vu il y a deux ans, était un docu très réussi sur l'évolution du travail et de sa place dans notre société, les nouvelles pathologies, les nouvelles exigences liées au travail.
Son nouveau film est sorti cette semaine, "Les Travailleu(r)ses du Sexe", et je suis persuadé que c'est une réussite. Et puis, histoire de discuter encore de savoir si il faut abolir la prostitution ou améliorer le sort des prostitué(e)s...

Jean-Michel Carré :
"L’économie de marché a généré la multiplication des salons de l’érotisme et de sociétés d’éditions de vidéos pornographiques, au nom de la prétendue liberté du consommateur. Dans un autre domaine du travail du sexe, la prostitution est restée plus ou moins tolérée dans la plupart des pays. En France, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, fait voter en mars 2003, une loi dite de « sécurité intérieure » incluant le racolage passif des prostituées. Si la prostitution devient très vite moins visible dans nos rues, la prostitution augmente considérablement sur les réseaux Internet et aux périphéries des villes, rendant à nouveau des prostituées à la merci des proxénètes et des réseaux mafieux.
Qualifiée de plus vieux métier du monde, la prostitution reste un «obscur objet de haine et de désir». Elle a stigmatisé le symbole de l’exploitation de la femme par l’homme dans toutes les sociétés. Ces problématiques, je les avais traitées, il y a plusieurs années, dans un cycle sur la prostitution1 Mais depuis la loi Sarkozy, certaines femmes et
hommes revendiquent à nouveau haut et fort la volonté de pouvoir louer librement leur corps, de défendre leurs pratiques sexuelles et réclament que leur métier soit considéré comme aussi respectable qu’un autre, avec ses droits et ses devoirs.
Paroles dérangeantes qui nous questionnent sur un fait de société victime de jugements moralisateurs, d’anathèmes de certaines féministes et de mépris de beaucoup d’autres. Une activité qui interroge, naturellement la sexualité, mais aussi les rapports hommes / femmes, le pouvoir, l’argent, la définition d’un travail… Une question sociétale où il est indispensable de sonder l’économie de marché qui utilise une pseudo libération sexuelle pour justifier la marchandisation de l’intime au nom de la prétendue liberté du consommateur. "
site de la prod de ce film et des autres films de ce réalisateur :
http://www.films-graindesable.com/menu.html
Interview dans l'Huma :
http://www.humanite.fr/Entretien-de-Jean-Michel-Carre-realisateur-du-documentaire-Les-travailleu-r-ses-du
"J'ai (très) mal au travail", que j'avais vu il y a deux ans, était un docu très réussi sur l'évolution du travail et de sa place dans notre société, les nouvelles pathologies, les nouvelles exigences liées au travail.
Son nouveau film est sorti cette semaine, "Les Travailleu(r)ses du Sexe", et je suis persuadé que c'est une réussite. Et puis, histoire de discuter encore de savoir si il faut abolir la prostitution ou améliorer le sort des prostitué(e)s...

Jean-Michel Carré :
"L’économie de marché a généré la multiplication des salons de l’érotisme et de sociétés d’éditions de vidéos pornographiques, au nom de la prétendue liberté du consommateur. Dans un autre domaine du travail du sexe, la prostitution est restée plus ou moins tolérée dans la plupart des pays. En France, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, fait voter en mars 2003, une loi dite de « sécurité intérieure » incluant le racolage passif des prostituées. Si la prostitution devient très vite moins visible dans nos rues, la prostitution augmente considérablement sur les réseaux Internet et aux périphéries des villes, rendant à nouveau des prostituées à la merci des proxénètes et des réseaux mafieux.
Qualifiée de plus vieux métier du monde, la prostitution reste un «obscur objet de haine et de désir». Elle a stigmatisé le symbole de l’exploitation de la femme par l’homme dans toutes les sociétés. Ces problématiques, je les avais traitées, il y a plusieurs années, dans un cycle sur la prostitution1 Mais depuis la loi Sarkozy, certaines femmes et
hommes revendiquent à nouveau haut et fort la volonté de pouvoir louer librement leur corps, de défendre leurs pratiques sexuelles et réclament que leur métier soit considéré comme aussi respectable qu’un autre, avec ses droits et ses devoirs.
Paroles dérangeantes qui nous questionnent sur un fait de société victime de jugements moralisateurs, d’anathèmes de certaines féministes et de mépris de beaucoup d’autres. Une activité qui interroge, naturellement la sexualité, mais aussi les rapports hommes / femmes, le pouvoir, l’argent, la définition d’un travail… Une question sociétale où il est indispensable de sonder l’économie de marché qui utilise une pseudo libération sexuelle pour justifier la marchandisation de l’intime au nom de la prétendue liberté du consommateur. "
site de la prod de ce film et des autres films de ce réalisateur :
http://www.films-graindesable.com/menu.html
Interview dans l'Huma :
http://www.humanite.fr/Entretien-de-Jean-Michel-Carre-realisateur-du-documentaire-Les-travailleu-r-ses-du
1 décembre 2009
lois US et charia chrétienne
(Encore un truc exhumé de mon blog d'il y a 8 ans...)
La tendance conservatrice de la justice des Etats-Unis n’est pas nouvelle. Leur loi, plus encore qu'en France, s’articule autour de la religion et du pêché.
On peut apprécier le folklore de la Bible Belt (Ceinture Biblique), zone ultra-conservatrice, qui s’étend du Texas à la Floride, même s'il y a encore du boulot à faire pour atteindre le niveau de justice divine du Soudan ou de l'Iran. Peut-on parler d'une sorte de Chariah chrétienne ?
Voici quelques jolies lois, qui sentent fort la frustration et la violence des législateurs... ça fait rire ou ça fait froid dans le dos, mais ça éclaire bien une certaine mentalité qui perdure aux Etats-Unis.
D'autant que chaque état légifère, et parfois ça légifère à mort à une échelle plus locale encore.
Il est illégal de jouer aux cartes dans la rue avec un indien (Globe, Arizona).
Un homme peut frapper sa femme, mais pas plus d’une fois par mois (Arkansas).
A Los Angeles, Californie, un homme peut légalement frapper sa femme avec une ceinture de cuir, à condition que la ceinture fasse moins de 2 pouces de large, ou s'il a l'autorisation de sa femme d'en utiliser une plus large.
Le flirt entre un homme et une femme est passible d’une peine de 30 jours de prison (Arkansas).
En Californie, il est interdit de vendre de l'alcool entre 2 et 7h du matin.
Il est illégal pour une secrétaire d'être seule avec son patron (Pasadena, Californie).
Il est obligatoire pour un couple dormant dans la même chambre pour une nuit d’avoir des lits séparés d'au moins 60 cm, et il est illégal de faire l'amour sur le sol entre ces lits. (Caroline du nord).
Il est illégal d’amener une cheval dans une auberge, sauf s'il porte un pantalon (Caroline du sud).
Il est illégal de sortir dans la rue vêtu de façon à laisser un doute sur son sexe (Durango, Colorado).
Dans le Minessota, les femmes risquent jusqu'à 30 jours de prison si elles se déguisent en Père Noël.
Il est illégal de changer les vêtements d'un mannequin de vitrine sans baisser le rideau (Georgie)
Il est illégal de s’embrasser plus d'une seconde (Halethorpe, Maryland)
Il est illégal pour une femme de s’asseoir sur les genoux d'un homme dans le bus ou le train, sans mettre de coussin entre eux ; peine de 6 mois de prison (Washington).
La vitesse des camions de pompier est limitée à 40km/h, même pour aller sur un incendie (Nouvelle Angleterre)
Il est illégal pour un pompier de sauver une femme en chemise de nuit. Il doit attendre qu'elle soit totalement vêtue (Saint Louis, Missouri)
Les camions de pompier doivent s'arrêter à tous les feux rouges (Nouvelle Orléans, Louisiane)
Il est illégal de servir des Bretzels avec la bière (Dakota du Nord)
Il est illégal de diffuser un film mettant en scène des officiers de police en mauvaise posture (Dakota du Sud) — mais c'est pareil en France, non ?
Les personnes malades, laides, handicapées, ou deformées au point d'être repoussantes, n'ont pas le droit de sortir en ville (Chicaho, Illinois) — au moins, même si dans les faits c'est pareil ailleurs, dans l'Illinois on ne se cache pas derrière de bons sentiments.
Il est illégal pour les femmes de plus de 100 kg de faire du cheval en short (Guernee, Illinois)
Il est illégal pour une femme d'ouvrir le courrier de son mari (Montana).
Le flirt est interdit, de même que les clins d'oeil ou les attouchements des mains (San Antonio, Texas).
Il est illégal de nier l'existence de Dieu (Vermont) — et je n'ai pas trouvé la peine encourue...
Il est illégal de se déplacer avec une arme de plus de 1m80 de long (Seattle, Washington).
Les duels au pistolet à eau sont interdits (Salem, Massachusets)
Et comme on peut s’y attendre… cinq États condamnent la sodomie entre partenaires masculins : le Texas, l’Oklahoma, l’Arkansas, le Missouri et le Kansas. Et dix états — Caroline du Nord et du Sud, Floride, Alabama, Mississippi, Louisiane, Arizona, Idaho, Michigan, Minnesota — condamnent la sodomie quel que soit le sexe des deux partenaires.
La tendance conservatrice de la justice des Etats-Unis n’est pas nouvelle. Leur loi, plus encore qu'en France, s’articule autour de la religion et du pêché.
On peut apprécier le folklore de la Bible Belt (Ceinture Biblique), zone ultra-conservatrice, qui s’étend du Texas à la Floride, même s'il y a encore du boulot à faire pour atteindre le niveau de justice divine du Soudan ou de l'Iran. Peut-on parler d'une sorte de Chariah chrétienne ?
Voici quelques jolies lois, qui sentent fort la frustration et la violence des législateurs... ça fait rire ou ça fait froid dans le dos, mais ça éclaire bien une certaine mentalité qui perdure aux Etats-Unis.
D'autant que chaque état légifère, et parfois ça légifère à mort à une échelle plus locale encore.
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| dessin de janfeig |
Un homme peut frapper sa femme, mais pas plus d’une fois par mois (Arkansas).
A Los Angeles, Californie, un homme peut légalement frapper sa femme avec une ceinture de cuir, à condition que la ceinture fasse moins de 2 pouces de large, ou s'il a l'autorisation de sa femme d'en utiliser une plus large.
Le flirt entre un homme et une femme est passible d’une peine de 30 jours de prison (Arkansas).
En Californie, il est interdit de vendre de l'alcool entre 2 et 7h du matin.
Il est illégal pour une secrétaire d'être seule avec son patron (Pasadena, Californie).
Il est obligatoire pour un couple dormant dans la même chambre pour une nuit d’avoir des lits séparés d'au moins 60 cm, et il est illégal de faire l'amour sur le sol entre ces lits. (Caroline du nord).
Il est illégal d’amener une cheval dans une auberge, sauf s'il porte un pantalon (Caroline du sud).
Il est illégal de sortir dans la rue vêtu de façon à laisser un doute sur son sexe (Durango, Colorado).
Dans le Minessota, les femmes risquent jusqu'à 30 jours de prison si elles se déguisent en Père Noël.
Il est illégal de changer les vêtements d'un mannequin de vitrine sans baisser le rideau (Georgie)
Il est illégal de s’embrasser plus d'une seconde (Halethorpe, Maryland)
Il est illégal pour une femme de s’asseoir sur les genoux d'un homme dans le bus ou le train, sans mettre de coussin entre eux ; peine de 6 mois de prison (Washington).
La vitesse des camions de pompier est limitée à 40km/h, même pour aller sur un incendie (Nouvelle Angleterre)
Il est illégal pour un pompier de sauver une femme en chemise de nuit. Il doit attendre qu'elle soit totalement vêtue (Saint Louis, Missouri)
Les camions de pompier doivent s'arrêter à tous les feux rouges (Nouvelle Orléans, Louisiane)
Il est illégal de servir des Bretzels avec la bière (Dakota du Nord)
Il est illégal de diffuser un film mettant en scène des officiers de police en mauvaise posture (Dakota du Sud) — mais c'est pareil en France, non ?
Les personnes malades, laides, handicapées, ou deformées au point d'être repoussantes, n'ont pas le droit de sortir en ville (Chicaho, Illinois) — au moins, même si dans les faits c'est pareil ailleurs, dans l'Illinois on ne se cache pas derrière de bons sentiments.
Il est illégal pour les femmes de plus de 100 kg de faire du cheval en short (Guernee, Illinois)
Il est illégal pour une femme d'ouvrir le courrier de son mari (Montana).
Le flirt est interdit, de même que les clins d'oeil ou les attouchements des mains (San Antonio, Texas).
Il est illégal de nier l'existence de Dieu (Vermont) — et je n'ai pas trouvé la peine encourue...
Il est illégal de se déplacer avec une arme de plus de 1m80 de long (Seattle, Washington).
Les duels au pistolet à eau sont interdits (Salem, Massachusets)
Et comme on peut s’y attendre… cinq États condamnent la sodomie entre partenaires masculins : le Texas, l’Oklahoma, l’Arkansas, le Missouri et le Kansas. Et dix états — Caroline du Nord et du Sud, Floride, Alabama, Mississippi, Louisiane, Arizona, Idaho, Michigan, Minnesota — condamnent la sodomie quel que soit le sexe des deux partenaires.
3 novembre 2009
ghetto bassquake
http://ghettobassquake.blogspot.com/
C'est le site de Ghetto Bassquake, un DJ basé à Brixton qui mixe des musiques venues d'un peu partout dans le monde, et surtout des lieux que les majors et le grand public ignorent par nos contrées.
DJ Vamanos chope des rythme de ndombolo, de techno-zulu, reggaeton, de beat-box merengue, batida surpêchue,... il capte et fait entendre ce qui fait bouger les gamins d'un peu partout en Afrique et en Amérique du sud notamment, dans les cités, les studios de quartiers, les ghettos, dans les marges des grandes villes. Au passage, il en fait un mix censé faire remuer du cul pendant des heures,
Bref, son site est une mine pour ceux qui s'intéressent aux "cultures populaires mondialisées" (c'est tout autre chose que la world, qui n'est que l'adaptation de folklores pour un public occidental en quête d'exotisme).
Ghetto Bassquake me plaît parce que j'y entrevois un lien entre des minots qui, un peu partout, font péter les caissons pour exister (et tant pis si ça dézingue parfois les valeurs morales et culturelles en place).
A Paris, les scènes ne sont pas légion pour écouter de telles influences, je me souviens du Tryptique, salle récemment disparue, sinon il y a quelques scènes, en banlieue surtout — en Seine saint Denis surtout...
dans cette mouvance, il y a aussi :
http://murkle.wordpress.com/
http://maddecent.com/blog/
http://www.greenowl.com (des perles ! des perles !)
http://www.myspace.com/majorlazer
http://reggaeton.co.uk/X/ (nourrit mon attirance vers
http://analogafrica.blogspot.com/
et pour remonter un peu dans le temps :
http://radiodiffusion.wordpress.com/ (ce que les gamins du monde entier ont fait de mieux depuis les années 50, avec des instruments branchés sur secteur)
C'est le site de Ghetto Bassquake, un DJ basé à Brixton qui mixe des musiques venues d'un peu partout dans le monde, et surtout des lieux que les majors et le grand public ignorent par nos contrées.DJ Vamanos chope des rythme de ndombolo, de techno-zulu, reggaeton, de beat-box merengue, batida surpêchue,... il capte et fait entendre ce qui fait bouger les gamins d'un peu partout en Afrique et en Amérique du sud notamment, dans les cités, les studios de quartiers, les ghettos, dans les marges des grandes villes. Au passage, il en fait un mix censé faire remuer du cul pendant des heures,
Bref, son site est une mine pour ceux qui s'intéressent aux "cultures populaires mondialisées" (c'est tout autre chose que la world, qui n'est que l'adaptation de folklores pour un public occidental en quête d'exotisme).Ghetto Bassquake me plaît parce que j'y entrevois un lien entre des minots qui, un peu partout, font péter les caissons pour exister (et tant pis si ça dézingue parfois les valeurs morales et culturelles en place).
A Paris, les scènes ne sont pas légion pour écouter de telles influences, je me souviens du Tryptique, salle récemment disparue, sinon il y a quelques scènes, en banlieue surtout — en Seine saint Denis surtout...dans cette mouvance, il y a aussi :
http://murkle.wordpress.com/
http://maddecent.com/blog/
http://www.greenowl.com (des perles ! des perles !)
http://www.myspace.com/majorlazer
http://reggaeton.co.uk/X/ (nourrit mon attirance vers
http://analogafrica.blogspot.com/ et pour remonter un peu dans le temps :
http://radiodiffusion.wordpress.com/ (ce que les gamins du monde entier ont fait de mieux depuis les années 50, avec des instruments branchés sur secteur)
25 octobre 2009
rétrospective Guy Maddin au centre Pompidou-pidou !
Il y a quelques jours un ami me demandait si je connaissais un certain Guy Maddin, et je lui ai répondu rapidement que c'est un cinéaste à l'univers étonnant, qui utilise les codes du ciné expressionniste muet, avec un boulot de narration entre surréalisme et pastiche.
David Cronenberg, un mec qui s'y connaît, en dit : « Étrangement touchants, drôles et tout simplement fabuleux ! Si vous avez vraiment l'intention d'entreprendre un grand voyage dans le continuum temporel de l'espace cinématographique, sautez à bord de l'un des vaisseaux spatiaux de Maddin ».
Depuis que j'ai vu The saddest music in the world il y a quelques années, je trippe, je tripppe. C'est une oeuvre qui se construit depuis les années 80 sur des influences visuelles, narratives et musicales (oui, même dans ses films muets) et plein de clins d'oeil réjouissants. C'est une façon de parler bien à lui : un cinéma étrange et intime à la fois, fascinant, terrifiant, qui décortique les fantasmes, les sales sentiments (culpabilité et le poids de la filiation) avec une drôlerie jaunâtre. Certains y verront du cinéma transgressif parce que ça bouscule les codes ; surtout, ça donne le sourire et ça fout le frisson.
Rétrospective du 15 octobre au 7 novembre 2009
au centre Pompidou : infos ici
Dimanche 25 Octobre 2009
17:30 Des trous dans la tête ! - 2006 noir et blanc (95'), précédé du court métrage Footsteps
Mercredi 28 Octobre 2009
20:00 Dracula, Pages tirées du journal d'une vierge, Guy Maddin, 2001 noir et blanc (75')
La rencontre entre le personnage créé par Bram Stoker et les 1ère et 2ème Symphonies de Gustav Mahler, irriguée par la poésie de Guy Maddin
Vendredi 30 Octobre 2009
20:00 Archangel - 1990 noir et blanc (83')
Précédé des courts métrages The Heart of the World et Night Mayor (inédit, sous réserve)
Samedi 31 Octobre 2009
17:30 Tales from the Gimli Hospital - 1988 noir et blanc (72')
Précédé des courts métrages The Dead Father et Hospital Fragment
Samedi 31 Octobre 2009
20:00 Des trous dans la tête ! - 2006 noir et blanc (95')
Précédé du court métrage Footsteps.
Dimanche 1 Novembre 2009
17:30 The Saddest Music in the World - 2003 noir et blanc et couleur (99')
précédé du court métrage My Dad is 100 Years Old, d'Isabella Rossellini et Guy Maddin
Mercredi 4 Novembre 2009
20:00 Et les lâches s'agenouillent... - 2003 noir et blanc (65')
précédé du court métrage Les Chants d'amour - Cahiers de brouillon (4 segments d'un film perdu)
Vendredi 6 Novembre 2009
20:00 Le crépuscule des nymphes de galce - 1997 couleur (92')
Précédé du court métrage Odin's Shield Maiden, de Guy Maddin
Samedi 7 Novembre 2009
17:30 Guy Maddin : en attendant le crépuscule, Noam Gonick, 1997 couleur (60')
Une séance autour du documentaire inédit de Noam Gonick, accompagné du film de Marie Losier et des courts métrages de Guy Maddin, pour mieux comprendre cet artiste hors normes.
Samedi 7 Novembre 2009
20:00 Careful - 1992 couleur (100')
Précédé des courts métrages Odilon Redon (version 1995) et Glorious (inédit)
David Cronenberg, un mec qui s'y connaît, en dit : « Étrangement touchants, drôles et tout simplement fabuleux ! Si vous avez vraiment l'intention d'entreprendre un grand voyage dans le continuum temporel de l'espace cinématographique, sautez à bord de l'un des vaisseaux spatiaux de Maddin ».
Depuis que j'ai vu The saddest music in the world il y a quelques années, je trippe, je tripppe. C'est une oeuvre qui se construit depuis les années 80 sur des influences visuelles, narratives et musicales (oui, même dans ses films muets) et plein de clins d'oeil réjouissants. C'est une façon de parler bien à lui : un cinéma étrange et intime à la fois, fascinant, terrifiant, qui décortique les fantasmes, les sales sentiments (culpabilité et le poids de la filiation) avec une drôlerie jaunâtre. Certains y verront du cinéma transgressif parce que ça bouscule les codes ; surtout, ça donne le sourire et ça fout le frisson.
Rétrospective du 15 octobre au 7 novembre 2009
au centre Pompidou : infos ici
Dimanche 25 Octobre 2009
17:30 Des trous dans la tête ! - 2006 noir et blanc (95'), précédé du court métrage Footsteps
Mercredi 28 Octobre 2009
20:00 Dracula, Pages tirées du journal d'une vierge, Guy Maddin, 2001 noir et blanc (75')
La rencontre entre le personnage créé par Bram Stoker et les 1ère et 2ème Symphonies de Gustav Mahler, irriguée par la poésie de Guy Maddin
Vendredi 30 Octobre 2009
20:00 Archangel - 1990 noir et blanc (83')
Précédé des courts métrages The Heart of the World et Night Mayor (inédit, sous réserve)
Samedi 31 Octobre 2009
17:30 Tales from the Gimli Hospital - 1988 noir et blanc (72')
Précédé des courts métrages The Dead Father et Hospital Fragment
Samedi 31 Octobre 2009
20:00 Des trous dans la tête ! - 2006 noir et blanc (95')
Précédé du court métrage Footsteps.
Dimanche 1 Novembre 2009
17:30 The Saddest Music in the World - 2003 noir et blanc et couleur (99')
précédé du court métrage My Dad is 100 Years Old, d'Isabella Rossellini et Guy Maddin
Mercredi 4 Novembre 2009
20:00 Et les lâches s'agenouillent... - 2003 noir et blanc (65')
précédé du court métrage Les Chants d'amour - Cahiers de brouillon (4 segments d'un film perdu)
Vendredi 6 Novembre 2009
20:00 Le crépuscule des nymphes de galce - 1997 couleur (92')
Précédé du court métrage Odin's Shield Maiden, de Guy Maddin
Samedi 7 Novembre 2009
17:30 Guy Maddin : en attendant le crépuscule, Noam Gonick, 1997 couleur (60')
Une séance autour du documentaire inédit de Noam Gonick, accompagné du film de Marie Losier et des courts métrages de Guy Maddin, pour mieux comprendre cet artiste hors normes.
Samedi 7 Novembre 2009
20:00 Careful - 1992 couleur (100')
Précédé des courts métrages Odilon Redon (version 1995) et Glorious (inédit)
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