un blog pour observer les méthodes de la pub et aux formes de propagande, contre le langage marchand et son monde
20 octobre 2009
derrière le béton, les décombres
Les crépis se craquèlent ; les atours et les enveloppes, malgré leur bonne facture, tombent ; le vernis finit par s'écailler. Le carrelage, la jolie peinture glycéro brillante finira par laisser voir le fouillis de câbles jusque là cachés, la poussière, les détritus et les gravats. Sous les pavés la plage ? Peut-être, mais derrière le béton, les décombres.
J'aimais jusqu'ici prendre en photo des chantiers immobiliers ou des sites détruits parce qu'ils étaient les squelettes de la ville, les structures urbaines en devenir ou bien détruites, sites d'activité industrielle aux ouvriers agglutinés autour des machines-outils et des Algeco. Or cette réalité-là n'est pas circonscrite aux sites industriels, elle n'est pas réduite aux lieux en transformation : la structure nue de notre environnement est partout. C'est un certain regard sur les choses : soudain, le vernis tout neuf, le joli ravalement, le mur kärchérisé, la bossa nova égrenée des hauts-parleurs sur les quais du métro, la rue fraîchement goudronnée, les enseignes et les espaces verts bien tondus, tout cela s'avère le cache-misère qui nous permet de ne pas penser à, de ne pas constater la ruine.
Quand on mate l'image d'un sourire publicitaire sur une affiche, quand on voit les beaux panneaux colorés en plexiglas qui recouvrent la devanture du centre commercial, ou les rayonnages des supermarchés —"les vitrines du capitalisme" comme disaient les commandos antipub — c'est le déclin de notre monde que je fixe. C'est la fine couche de cosmétique qui couvre le réseau nerveux abîmé, l'étoffe soyeuse qui cache le squelette branlant.
La gueule du cache-misère en dit long sur la misère. Voyeur que je suis, je me mets à photographier les tentatives des municipalités, des industries, des autorités... de rendre notre monde plus acceptable, plus décoré, les tentatives d'en sauver les apparences. Les sourires, les revêtements, les produits équitables, les couleurs pastel des packs lé, les effets d'annonces, et les campagnes pour le bio.
Parce qu'on ne peut plus être dupe : ce qu'on appelle l'ordre public n'est que le vernis d'un monde dévasté, dans lequel on a pris l'habitude d'évoluer.
"Faut pas payer !" de Dario Fo - du 13/11 au 13/12

"Faut Pas Payer !" - Une pièce qui parle comme on vit.
Ecrite par Dario Fo dans la crise de l’Italie des années 70, "Faut Pas Payer" raconte une crise qui plonge des travailleurs dans la pauvreté... Elle parle du refus de la fatalité, de la désobéissance, de la solidarité.
Une pièce de boulevard politique,
du théâtre populaire comme on aime !
Au théâtre La Belle Etoile
du 13 novembre au 13 décembre 2009
Du jeudi au samedi à 20h30, dimanche à 16h
Réservations conseillées au 01 49 98 39 20
Tarifs 18 et 10 Eu - resto léger sur place.
La Belle Etoile,
14 rue saint-Just, La plaine - Saint-Denis (93)
M° Porte de La Chapelle -
Bus 153 arrêt Eglise de La Plaine
Infos ICI
et site de Jolie môme ICI
11 octobre 2009
"Bien dans ma vie !" le journal des pauv' Barbie !
Il y a quelques temps sévissait un magazine féminin (une magazinette ?) pour meufasses bien décérébrées : "Bien dans ma vie !" dont les pubs ornaient des couloirs de métro. Un peu comme ISA ou Jeune & Jolie mais en plus grave : "Bien dans ma vie !" devait donner aux lectrices le sentiment d'être libérées, maîtresses de leurs choix et de leurs désirs. En fait, les articles proposent aux femmes de se maintenir dans un rôle fonctionnel, où on les a tenues depuis des siècles en Europe. Les femmes y ont une fonction décorative : être le faire-valoir des hommes, les seconder dans leur vie matérielle, n'exister que pour/par eux.
"Soyez vous-mêmes, faites ce que vos désirs vous dictent". C'est tout le talent des communicants : faire une promesse de liberté en serrant plus fort les chaînes.
6 octobre 2009
La version Star Trek de l'UMP
Jean-Jacques GIANNESINI et Anne-Constance (oui, oui...) ONGHÉNA sont nos nouveaux sauveurs ; regards de défi, mains sur les hanches, ils portent leur suffisance en étendard, et montrent qu'ils sont prêt à nous impressionner, à faire du spectaculaire.
Action, émotion, aventure... Prochainement, retrouvez vos élus UMP dans : "Star Trek V.19"
17 septembre 2009
"Violent days", de Lucile Chaufour
"Violent Days" est le premier long-métrage de Lucile Chaufour. Une fiction en forme de road-movie : 4 copains aux allures rockabilly, dont une belle blonde peroxydée façon pin-up des fifties (Serena Lunn), se préparent à aller voir un concert au Havre. Pour les mecs, cette soirée est un exutoire, un moment qui leur donne la liberté de faire des conneries, de se balancer de la bière à la figure, de se bourrer la gueule avant de prendre le volant.
Tout au long de cette narration, s'incrustent des interviews d'autres fans de ce rock dont Gene et Elvis sont les grandes icônes ; ils disent comment la musique leur est salvatrice. En famille, au boulot, dans les bars, ils racontent comment le rock, l'attitude, la musique, la bière, les groupes de potes, sont des exutoires qui leur permettent de vivre au-delà de leurs contingences — parce que pour le reste, fonder une famille, se coltiner les corvées à la maison et subir les patrons au boulot, c'est bien obligé.
Chaufour entremêle très étroitement la narration fictive et les interviews, faisant même passer les voix des vrais témoins pendant les images de la narration fictive, ce qui rend la fiction d'autant plus en phase avec le propos du film : comment le manque, les cités et l'usine ont fait naître ces rebelles sans causes, affirmant si brutalement leur virilité, leur simple existence, un peu voyous parce qu'il faut bien s'occuper.
Ce beau film se déroule dans un miraculeux noir et blanc granuleux, un peu cramé, une ambiance qui me rappelait l'ultraréalisme du moyen métrage de Jean-François Richet, "état des lieux".
C'est une histoire commune sur des hommes en quête de dépassements. Elle se termine au petit matin qui suit le concert, et ce ne sont pas les hommes qui apparaissent dans la dernière séquence...
voir la géopolitique avec des oeillères
"les crimes contre l'humanité /
concernent TOUTE l'humanité /
Boycott Israël"
La couleur de fond, jaune cru, était celle des stickers d'Europalestine. Le message fait appel à un véritable altruisme : même si ça se passe loin de chez nous, cela nous concerne, nous avons un avis à donner, une aciton à entreprendre. Et c'est certain, Israël mène une politique criminelle que nous pouvons dénoncer.
Or mon exécration des propagandes réductrices, débiles et haineuses, m'a déjà poussé à mieux connaître les organisations qui en sont les auteurs. J'en connais un peu la rhétorique simple : Europalestine, comme le CAPJPO et d'autres, utilisent les milieux de gauche pour véhiculer un antisioniste sans nuance, qui n'est la plupart du temps qu'une méfiance du monde juif, voire un antisémitisme carrément assumé (même si personne ne se dit ouvertement "antisémite").
Ces organisations n'envisagent qu'un seul frein à l'épanouissement du monde, à savoir un axe du mal Américano-sioniste. Elles servent plus ou moins directement les partis populistes et souvent religieux qui tentent de fleurir dans le monde arabo-musulman. Et dans cette obsession, ils en oublient de pointer non seulement les autres maux qui accablent les peuples arabes — despotismes, fondamentalismes, corruption des pouvoirs — mais surtout d'autres criminels contre l'humanité qui sévissent sur la planète.
Jamais je n'entends ces voix-là dénoncer les crimes du Rwanda, du Darfour, du Tibet ou du Sri-Lanka. Des victimes très nombreuses, selon des méthodes presque industrielles et des idéologies complètement tarées. Ces voix-là n'en parlent pas, parce que ces voix-là sont un outil de propagande anti-israélienne, nous ne les entendrons que dénoncer, en exagérant volontiers, les fautes dont Israël se rend coupable.
En lisant le texte, j'ai eu tout de suite envie d'ajouter :
"TOUS les crimes du l'humanité concernent TOUTE l'humanité".
... ce qui ne paraît pas du tout évident à Europalestine
4 septembre 2009
La fétichisation de l'Afrique et la culture "world"
En ce moment à Paris, le festival rue Léon invite des artistes africains, musiciens, conteurs, etc. La programmation est attirante, mais la com cible un public en mal d'exotisme et conforte nos préjugés.
Retrouvez dans le cadre du "festival Rue Léon #10" (jusqu'au 19 septembre) des concerts de musique africaine du mercredi au samedi à 20h30 à l'Olympic Café. Peul, créoles, malinké, pulaar, bambara, Diallo [il doit s'agir des Diolas, Diallo étant un patronyme peul] , wolof, könon, arabe, français, wassoulou ? autant de langues employées tour à tour par les griots, musiciens africains et européens, pour délivrer des messages singuliers, liés à leurs histoires et leurs cultures, et universels puisqu'il s'agit avant tout de plonger tous les publics dans une danse chaude et fraternelle. Les mille langues de l'Afrique se donnent rendez-vous et nous convient à découvrir une culture forte, polyglotte et orale où chacun peut découvrir dans quelle mesure nous sommes tous des africains.
Le texte n'est qu'une accroche et n'a rien d'unique, dans son genre. Au contaire, il est dans l'air du temps et on trouve beaucoup d'autres exemples d'annonces d'évènements autour sur cette culture " world ", une culture qui se veut universelle, métissée , colorée, festive, choses dont on a tous grand besoin.
On est ici dans le registre du spectacle et des sensations, le public veut de l'exotique, du dépaysement (pas si dépaysant que ça, il est quand même bien conforme à nos images d'Epinal). Le texte donne l'impression que l'Afrique est le continent de la danse et de la joie. Mais la culture africaine est-elle unique ? peut-on la réduire à une culture polyglotte et orale alors que c'est une multitude de cultures parfois fondamentalement différentes ? La civilisation éthiopienne, cosmopolite depuis un millénaire, les royaumes bambara du Mali, les peuples Angolais, influencés par les portugais, Congolais, par les Belges, les populations islamiques, animistes, chrétiennes, aux traditions patriarcales fortes ou pas, ayant des philosophies et des cosmologies différentes... tout cela peut-il constituer une culture, qu'on voudrait voir uniformisée dans une représentation festive et sympa parce qu'alternative à la culture parisienne ?
On évoque des vertus comme la fraternité et l'universalité pour attirer le public, avec cette formule dingue, "nous sommes tous des Africains". Ben non. Les africains ne sont pas issus d'une entité uniforme, et nous ne sommes pas tous des africains. Et c'est ça qui est bien.
Quant aux griots, il est important de rétablir la vérité. Les griots sont avant tout des troubadours dont l'art est un commerce. Ils sont chargés de chanter des louanges des grands de ce monde, ils sont rétribués par les puissants qui diffuser ces récits, comme une sorte de Paris-Match l'aurait fait si ce journal était capable de poésie.
Voilà donc les mots du philosophe Mamadou Lamine Traore :
les griots "ont la mémoire plus sélective que celle des historiens occidentaux. Leur savoir, s'il aide à jeter des jalons, ne peut suffire dans la reconstitution du passé africain. Le griot est plus un poète qu'un homme de science ; chaque parole qu'il exprime doit être acceptée par la communauté à laquelle il s'adresse. De sa bouche sort toujours la vérité car il en est le Maître. Sa vérité est plutôt d'ordre subjectif qu'objectif ; elle est plus proche de la parole du prêtre et du devin que de la vérité du mathématicien.
Les griots sont des « troubadours fonctionnaires », dépendants des grandes familles ou de certaines ethnies. Ils gardent en mémoire les hauts faits de ces familles et ethnies et se les transmettent de père en fils. Par exemple, l'histoire de l'Empire du Mali est rapportée dans une suite de paroles laudatives et hymnes adressés à la famille Soundiata, le plus brillant des empereurs du Mali. Les griots constituent une caste de maîtres du verbe attirés par le pouvoir et la richesse"in "Philosophie et géomancie", 1979.
Traore est sévère mais il a le mérite de démystifier le statut de griot. Pas des poètes maudits, pas des historiens, mais des louangeurs. Talentueux, fascinants parfois, mais des communicants...
A propos de la pub pour le Festival rue Léon, je veux dire qu' attirer un public large vers la connaissance d'autres civilisation, ça n'oblige pas à les mystifier en surfant sur leur exotisme. Il serait profitable de redonner aux cultures africaines leurs spécificités, sans fétichisation. De rappeler aussi que nous ne sommes pas tous des Africains, et que c'est justement une bonne raison de se rencontrer
Au fait, la programmation du festival "nous sommes tous des Africains" est quand même bien chouette, il y a notamment Bademba (blues Mandingue, Burkina Faso) ce vendredi 4 & 11 & 18 sept - Entrée 5€, Black Pyramide (Sabar, Sénégal) ce samedi 5 & 12 & 19 sept - Entrée 1€, Mam Sika (contes, Bénin) mardi 8 & 15 sept - Entrée 1€, Pakare (zouk, Antilles) mercre di 16 septembre - Entrée 1€, et Bachir Sanogo (jazz, Côte d'Ivoire) mercredi 9 septembre - Entrée 1€.
Tous les jours jusqu'au 19 septembre à 20h30
Olympic Café : 20 rue Léon, 75018 Paris
M° Château-Rouge
http://www.rueleon.net/
14 août 2009
Idriss Deby le despote, considéré par le presse bourgeoise française comme "bâtisseur au service de son pays"
10 août 2009
GOLEM - de Jiri Barta
Là, je vous fais partager le travail préparatoire d'un film jamais réalisé entièrement : Golem. Ca date de 1996, c'est donc récent dans la carrière de Barta, et on peut voir cette merveille ici :
http://www.youtube.com/watch?v=ZcJFhiQMB8I
16 juillet 2009
cinquantenaire de la censure pour le ministère de la culture
Sur la photo d'origine, Malraux avait la cigarette aux lèvres. Cette clope au bec est aujourd'hui tellement inacceptable qu'il a été décidé de gommer le détail.10 juillet 2009
Interview de Manuel Valls : "Encore un clou dans le cercueil du PS"
une bonne tête de vainqueur ! |
"Des générations entières ont associé leur espoir au mot "socialisme". Mais cet attachement justifie-t-il de conserver un vocabulaire quand la gauche a partout échoué à le mettre en oeuvre ? A l'origine, Pierre Leroux a inventé ce mot pour faire pièce à l'individualisme : il y a là une dimension collective qui pourrait encore être utile. Mais Socialisme a surtout très longtemps signifié socialisation des moyens de production, ce qui est aujourd'hui tout à fait impossible !
Créer une espérance pour le XXIème siècle en utilisant un concept ambigu du XIXème siècle risque de brouiller notre identité. Il faut désormais privilégier la clarté du projet au fétichisme des mots. Un changement de nom serait un signe fort de notre rénovation."
Manuel VALLS, Libération, jeudi 9 juillet 2009
J'imagine bien Valls en privé, après l'interview :
"Voilà, je l'ai dit putain ça y est, il faut abandonner le mot socialisme !!! Faut vivre avec son temps après tout : privatiser, externaliser, assurer des dividendes aux actionnaires... Et puis dire qu'il est "impossible de socialiser les moyens de production", c'était quand même plus malin que dire "je suis de droite". J'ai même fait mon utopiste en parlant de dimension collective... haha ! Ce qui m'emmerde, c'est qu'il faut faire croire que le capitalisme est moderne, alors que c'est quand même une connerie vieille de 3 siècles... Il faudrait un nouveau nom de parti, qui évoque le fait qu'on est français avant tout, mais en laissant une vague idée du social... quelque chose avec les mots "national" et "socialiste".
Putain, je tiens une idée.
8 juillet 2009
three frames
Burlesques, étranges, horrifiques, déconcertantes, ces animation nous donnent à voir des séquences sous un nouvel éclairage....
http://threeframes.net/
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Depuis plusieurs années j'ai pris l'habitude de compiler des expressions issues de ce que j'appelle le "langage marchand...
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Il n'y a pas que les antisémites qui tentent de repérer les Juifs à leurs noms ou à leur faciès. A plusieurs reprises j'ai reçu le...
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Cet article fait suite à : "Culture pour chacun pour soi, 1ère partie : l'évolution de l'action culturelle d'État" ...
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Vendredi j'ai parlé avec un gars qui affirmait que le Covid19 était inventé par l'Occident pour limiter la s...
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Qu'est-ce qui permet de dire d'une oeuvre que c'est de l'art ? parfois, c'est pas facile, pas facile, d'...
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Depuis quelques semaines s'étalent de nouvelles pubs pour Monoprix. Des affiches tendances, fun et urbaines, qui vantent... le design du...
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C'est sans doute le visuel le plus tendance de ces dernières années : la surface géométrique à facettes. Adopté par les communicants, le...





