20 février 2018

Jean-Michel Blanquer est-il un reptilien ?

Dans sa récente Une, l'Express dévoile la véritable nature de notre ministre de l'Éducation Nationale !



A gauche, Jean-Michel Blanquer tel qu'il se laisse photographier. À droite, on voit très bien sa nature reptilienne. De quoi nous donner une preuve de plus que les dominants de notre planète sont issus de cette race d'élite qui organise un complot pour asservir l'humanité.

Francis, le jeune saurien qui s'occupe du maquillage de la section "reptiliens macronistes" a carrément raté son camouflage.

(Pour garder les épaules sur terre : http://www.conspiracywatch.info/)

11 février 2018

Jacques-Henri Michot : l'arme lourde pour détruire le langage marchand

Depuis plusieurs années j'ai pris l'habitude de compiler des expressions issues de ce que j'appelle le "langage marchand" : des expressions conçues par et pour les publicitaires, souvent dépourvues de sens mais liées aux suggestions, aux désirs. Des expressions utilisées par les médias et les communicants politiques.

Ce langage est constitué :
- de concepts venus des idéologies néolibérales ;
- d'éléments de langage, que les salariés du commerce et de la com' sont sommés de maîtriser ;
- de mots anglais donnant une idée vague mais moderne, et qu'on préfère au français pourtant mieux compris ;
- de termes utilisés pour parler des minorités quand on n'ose pas les qualifier ;
- d'oxymores — constitués d'un mot positif associé à un mot contraignant.

Et pour qualifier le noms de certains emplois professionnels, on accole plusieurs termes en supprimant les conjonctions et les prépositions, ce qui rend ces emplois imprécis et moins protecteurs pour les salariés...

outil de campagne pour 
François Fillon
Ce langage formate notre façon de penser — ou de ne pas penser — aussi sûrement qu'une novlangue. Il révèle la logique marchande, la logique mensongère et le mépris social. Exemple parfait : la SNCF qui, pour moderniser son image, crée un nouveau discours, renomme ses prestations et impose un nouveau nom pour "gare" ou pour "contrôleur"... Un choix parfaitement assumé par Guillaume "la voix de son maître" Pépy.

Il me paraît indispensable de révéler ce langage marchand pour mieux le détruire, et pour redonner du sens au langage qui est le nôtre : notre langage en perpétuelle évolution, encyclopédique ou fait d'influences argotiques. Notre langage, qui échappe au contrôle des institutions, du commerce et de la politique.
J'ai nommé cette liste "mots et expressions à bannir", en voilà un aperçu :


...


Et puis je suis allé voir "EN SUSPENS", la dernière exposition du BAL, une galerie à Paris, 17ème. On y tente de "traduire quelque chose de notre temps", dit Diane Dufour, commissaire de l'expo.
Parmi les artistes exposés, il y avait Jacques-Henri Michot dont j'ai découvert l'ABC de la barbarie à travers une présentation d'extraits. Ce bouquin propose "un recensement des lieux communs qui ponctuent le langage journalistique comme autant de slogans affirmatifs, et qui finissent par infiltrer, à notre insu, le langage", il "décrypte avec une vive précision la langue des médias, étudie son fonctionnement et l’impact propagandiste qu’elle peut avoir sur les gens".











Voilà l'écho parfait à ma compilation personnelle : Michot a défriché, étudié le langage marchand pour en démonter la logique. Il a poussé l'idée avec une immense ironie et un talent d'observation, et le résultat nous donne le vertige : ces expressions vides de sens, surexploitées aveuglément et sans distance par les journalistes, illustrent une manière formatée d'envisager le monde, les relations humaines et même la morale.

Ajustements structurels
Aventuriers des temps modernes
Bavures
Berceaux de la culture occidentale
Bourrasques monétaires
Cercles proches du pouvoir
Coups médiatiques
Créatures de rêves
Crises d'identité
Déçus du socialisme
Dépassement de soi
Difficiles apprentissages de la démocratie
Etrangers en situation irrégulière
Exportations de matière grise
Faits marquants de l'actualité
Fine fleur du monde de la finance
France profonde
Maîtres à penser
Majorité silencieuse
Masturbation intellectuelle
Oubliés de la croissance
Pays des droits de l'Homme
Urbanisations sauvages
Usines à rêves

Cette liste est un reflet de nos routines : il est grinçant mais salutaire !

Un ABC de la barbarie, de Jacques-Henri Michot, éd. Al Dante, 2014 (première édition, 1998)

9 février 2018

Halle Saint-Pierre : contre-culture VS art brut

"Turbulences dans les Balkans", expo à la Halle Saint Pierre
http://www.hallesaintpierre.org/…/turbulences-dans-les-bal…/
Encore une passionnante expo sur les frontières de l'art naïf, avec des œuvres de personnes marginales, asociales ou autodidactes, mais aussi de personnes parfaitement socialisées mais obsessionnelles.
Un peu bizarre quand même : à égalité, des artistes qui maîtrisent parfaitement les codes sociaux et s'inscrivent dans une contre-culture, et des artistes qui n'obéissent à aucun codes et dont l'œuvre relève du rituel, des marginaux, psychotiques internés ou collectionneurs analphabètes. A égalité, des artistes pop et des artistes autodidactes.
C'est ainsi que Martine Lusardy, commissaire de l'expo, les présente indifféremment : "gardiens du grand héritage de l’art populaire, icône de la pop culture, explorateurs de langages archaïques ou magiciens du matériau brut" on parle de "courants" de l'art brut, avec des "maîtres de l’art naïf yougoslave".
Le mélange laisse perplexe. Il entretient une fascination sans nuance pour l'outrance, la représentation de la violence, en délaissant la façon dont la "place sociale" influence l'artiste.
Car bien sûr, l'environnement d'un individu, la façon dont il est formé, accompagné, reconnu, a un impact décisif dans sa manière de se placer dans son monde et de se présenter aux autres. 
Du coup, en parcourant l'expo, d'abord inconsciemment, j'ai fait une sorte de séparation : d'un côté il y a des artistes comme Ilija Bosilj Bašičević, qui grandit hors des villes, sans modèle et sans maître ; comme Sava Sekulić qui, analphabète jusqu'à 30 ans, ne connut d'abord que guerre, misère et violence ; comme Vojislav Jakic, artiste de la marge et familier de la mort et de la pauvreté ; ou comme Matija Stanicic qui fut femme de ménage pour des peintres et dont les dessins furent découverts après sa mort.

Sava Sekulić, "cerf-ville, 1948
Matija Stanicic, "
Anniversaire", 1976
Ilija Bosilj Bašičević,
"l'orme de Bacina, 1967















De l'autre côté il y a les "nouveaux artisans de la contre-culture", artistes pop bourrés de références culturelles : Emir Sehanovic, venu du street-art, fondateur d'un collectif d'artistes et exposé dans plusieurs capitales européennes ; ou Danijel Savovic, actif dans les fanzines qui parlent d'excès contre l'ordre moral.
Emir Sehanovic,
"Zonrai", 2012
Daniel Savovic, "Souterrain",  1988



Ca pourrait faire deux expos distinctes.
La programmation de la Halle Saint-Pierre reste passionnante. J'y trouve l'art des frontières et des troubles, l'expression d'obsessions sous des formes plastiques, des gestes qui tiennent davantage de rituels de survie que de création artistique. Mais je regrette qu'on entretienne le trouble entre deux formes d'art distinctes, quand on les expose toutes ensemble. Pourrait-on présenter, dans une même expo, une grotte creusée par Jean-Marie MASSOU à côté d'un "cubiste" de Picasso ? A la Halle Saint-Pierre, c'est un peu ça.

Dépasser les frontières c'est toujours créateur. Faire passer une ambition de "contre-culture" pour un geste de survie, c'est trompeur.
Cela dit, courez voir "Turbulences dans les Balkans" !

26 janvier 2018

Au Salon du mariage : jeunes vierges à vendre !

C'est le salon du mariage à Paris ! une nouvelle jeune égérie s'affiche, avec la moue de l'année, dans le métro et dans la rue pour nous inviter à voir les exposants et les modèles.


Mais au fait, les modèles de quoi, de robes ou de jeunes femmes ? Le site web de l'événement ne nous éclaire pas : "Parce que plutôt que de collectionner les brochures ou de surfer sur des sites un peu obscurs, on saisit l’occasion de goûter, voir, essayer, toucher pour de vrai ce que proposent les prestataires". Goûter, voir, essayer, toucher pour de vrai : tout est fait pour créer du désir. Reste à savoir chez qui on veut créer du désir.

En montrant une jeune mariée à la fois séduisante, désirante et innocente, la campagne s'adresse principalement à des hommes. 

Un peu comme les sites de rencontres qui montrent des femmes en quête d'hommes, sachant que la principale clientèle est constituée de gars.



J'imagine le directeur graphique qui impose son idée, "Voilà, brodez là-dessus mais sans être explicite".


Les affiches des autres années et des autres villes nous proposent la même chose : une jeune mariée séduisante et innocente. Après tout, n'est-ce pas le rêve des mâles sexistes ?

mention spéciale au salon du mariage de Strasbourg

 

On pourrait penser que la sacro-sainte institution du mariage en prend un coup. En fait pas du tout. Toutes les institutions religieuses relaient une conception du mariage où la femme est au service de l'homme, en plus d'être en mesure de satisfaire ses désirs. Ces affiches pour les salons du mariage traduisent donc, de façon moderne et séculière, toute la promesse du mariage traditionnel du point de vue masculin.
C'est bien pour cette raison qu'on évite de montrer des hommes. Et s'il y en a un il est accompagné. Et si possible en posture dominante.


Une pub pour le salon du mariage mais avec seulement un homme, ça pourrait donner... ça ?




30 décembre 2017

affiches de films sur les Présidents : les codes graphiques

Dans quelques jours sortent deux films, El presidente et Les heures sombres — vous savez, le genre de films où un grand comédien incarne un grand chef politique. Voici un petit florilège d'affiches de ce genre cinématographique, qui montre comment elles obéissent à des codes bien établis : du noir & blanc bien contrasté pour la sévérité et la rigueur ; du rouge parce que bien sûr les actes politiques sont des choix humains, qui impliquent toujours du sang versé. Des lignes droites, des cadres, du rigide. Et des profils forts et songeurs, qui expriment le doute et la solennité. Faut pas déconner, ces mecs portent le monde sur leurs épaules.
L'affiche qui tranche vraiment, qui ne reprend aucun de ces codes, c'est celle de The lady, un film sur la vie de Aung San Suu Kyi. Mais tout s'explique : c'est une femme ! Du coup, il y a même un sourire qui se dessine sur le visage de cette présidente (oui parce que les femmes, c'est doux, c'est souriant).
D'autres affiches sont conçues avec des couleurs, mais pour des comédies, comme celui sur Roosevelt qui narre surtout ses histoires de fesses.

26 décembre 2017

l'ONG 'Bibliothèques Sans Frontières' : progrès social ou dévoiement de la cause humanitaire ?

L'ONG 'Bibliothèques Sans Frontières', association humanitaire subventionnée par du mécénat privé et par le public, fonctionne sur une stratégie ultramarketée. Une stratégie qui lui permet d'exister partout en usant de nombreux soutiens politiques, médiatiques et institutionnels. L'association mène aussi des opérations visibles avec les Ideas box. Elle multiplie par ailleurs les partenariats, à tel point qu'on se demande si l'objectif penche vers l'affichage ou vers l'action sur le terrain... Alors BSF est-elle un gros gadget médiatique ? 
Petite enquête.
 

Il n'est pas question de dénigrer une ONG sans en comprendre le discours et les objectifs ; il s'agit de nous interroger, de faire preuve de vigilance, même si BSF semble actuellement jouir d'un large consensus. Or, ayant rencontré BSF avec d'autres bibliothécaires, face au discours des porte-paroles de cette asso, j'ai constaté un certain embarras chez quelques collègues. BSF brouille les pistes, pas très au clair avec les objectifs éthiques, dévoie parfois les missions des bibliothèques, use de l'investissement des services publics sans "renvoyer l'ascenseur", jouit de tribunes médiatiques ; surtout, BSF n'aborde jamais les sujets des politiques publiques, les des moyens à mettre en œuvre pour la lecture publique et pour la démocratisation du savoir.
BSF est souriante, dynamique et affiche son action en faveur des réfugiés et dans les zones de conflits. En Haïti, au Burundi, au Nicaragua, auprès de communautés exclues ou en France temporairement auprès de migrants, BSF travaille à la reconstruction du lien social, fait des vidéos pédagogiques pour lutter contre les théories complotistes et mieux faire comprendre le monde. Alors quelle critique ? 
Pour une asso, le gage de crédibilité est vital. Les community managers et les chargés de com' de BSF l'ont rendue ultra-crédible. L'asso est animée par un historien — haut-fonctionnaire, ancien du PS et proche de ce parti — et par un ancien de Science-po. Ancrée dans les sphères d'influence, BSF sait solliciter les acteurs publics (leur temps, leur argent, leur organisation, leurs partenariats) pour se rendre visible. 
 
Dévoyer le concept de transformation sociale

Des nombreuses collectivités accueillent les conférences de BSF, accompagnent leurs chantiers et informent le public et les institutions sur leur action. On mobilise ainsi des collectivités, des bibliothécaires et des volontaires, mais ce n'est que BSF qui en récolte les fruits, c'est-à-dire qui attire les investisseurs. Les services publics sollicités, eux voient leur financement diminuer... BSF a-t-elle pour stratégie consciente de faire sa promo sur le dos des acteurs publics ? En attendant ces acteurs publics jouent le jeu parce que c'est pour la bonne cause, parce que c'est pour aider les enfants, pour émanciper l'humanité par le savoir et la lecture. Oui, on accompagne, parce que la bonne conscience a un prix et qu'il est plus commode de chasser le doute.
Parmi les actions, BSF milite pour une "transformation sociale". C'est un concept attrayant : même Emmanuel Macron, le Comptable de la république, souhaite une "transformation sociale". Or BSF n'explique pas le concept, qui vient de l'éducation populaire et qui vise à établir une justice sociale en modifiant l'ordre des pouvoirs. BSF ne parle pas non plus d'égalité sociale ni de transformation de la société. Et pour cause : BSF est hyperactive dans la diffusion des nouvelles technologies, la création de fab-lab et le coworking. Une stratégie dont l'efficacité, en termes d'émancipation et de liberté, est ...
BNF était présente au dernier congrès de l'ABF, faisant un écho enthousiaste aux propos de la ministre de la culture Françoise Nyssen pour ouvrir les bibs le dimanche. L'ONG prend pour modèle les pays anglo-saxons dont certaines ouvrent 20h/24h. Mais elle le fait de façon parfois mensongère, sans aborder les nouveaux besoins que cela suppose et sans parler moyens humains ni économiques. Le projet fait d'ailleurs débat ; un débat rare mais existant ! 
 

27 novembre 2017

"Plutôt la tyrannie que la justice sociale", ou comment la collaboration servit de stratégie contre le Front populaire

Quand Polémix & la Voix Off, média indépendant et militant, invite l'historienne Annie Lacroix-Riz, c'est pour révéler comment les capitalistes de l'entre-deux-guerres, craignant le soulèvement du peuple contre leurs intérêts privés, ont — sans défendre l'idéologie nazie pour autant — favorisé la montée du nazisme en empruntant les voies de la collaboration.
"Plutôt Hitler que le Front populaire" était alors leur stratégie.

Annie Lacroix-Riz, à travers son gros bouquin Le choix de la défaites (réédité chez Armand Colin), parle d'un vrai complot — loin des rumeurs colportées par les antisémites et autres nationalistes. Un complot ourdi par ce qu'on pouvait déjà appeler une oligarchie.
Ce n'est pas un scoop. Juste une nouvelle recherche très documentée sur cet épisode par une historienne, qui replace la lutte des classes dans notre histoire, alors que les recherches sur ce sujet sont presque oubliées aujourd'hui.

Pour écouter l'émission, c'est ici !

La seule chose qu'il y a à tirer de cela aujourd'hui, c'est savoir jusqu'où les autorités sont capables d'aller par opportunisme, pour défendre les intérêts de leur caste. Aujourd'hui comme hier.


9 novembre 2017

Burger King lance un appel au secours

Les crevards de Burger King craignent de ne pas se faire remarquer. Du coup, bam ! une affiche rouge pétante, et un message "ON EST LÀ" en gros et en 3 langues.Des fois que les consommateurs potentiels n'aient même pas calculé l'enseigne...
Je sais pas, mais cette affiche ressemble trop à un appel au secours. 
Burger King passera-t-il l'hiver ?

26 octobre 2017

l'écriture inclusive, faux combat du féminisme ?

Je n'ai pas l'habitude de faire la promo de l'Académie française, mais bon. Les académiciens viennent de sortir de leurs bocaux de formol et de faire un communiqué pour contrer l'extension de l'écriture inclusive — cet ensemble de règles qui a vocation à "cesser d'invisibiliser les femmes. 

Le mois dernier, Libé publiait un article au sujet d'un manuel scolaire qui usait de l'écriture inclusive, et de la petite polémique qui a suivi. On pouvait y voir à quel point le système "inclusif" propose des règles variables et multiples, une nouvelle façon de s'exprimer. L'écriture inclusive, c'est juste un outil dont usent certains féministes pour rendre visible leurs revendications

A la suite des récentes révélations sur les violences faites femmes dans le monde, l'écriture inclusive fait le buzz. Or, avouons qu'elle est difficilement prononçable, qu'elle gêne la lecture. Et puis, en pratique, les rédacteurs (de tracts, de manifestes, etc.) oublient toujours des trucs à accorder — ou en rajoutent maladroitement... Je n'en peux plus de lire, dans la littérature syndicale, par exemple, que telle mesure a "un impact considérable pour tou-te-s les usager-e-s" ! ou qu'il faut une "requalification de tou.te.s les contrats aidé.e.s en CDI". Et je n'invente rien.
Ce n'est peut-être qu'un effet de mode langagier, mais il divise, il crée une polémique qui cache de vrais enjeux politiques : la violence faite aux femmes, les inégalités dont elles sont victimes dans de nombreux domaines...
Je pourrais paraphraser l'Académie française : "La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle [l'écriture inclusive] induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi [bon, en fait, on le voit très bien, mais il arrive que l'intégrité militante confine à l'intégrisme] et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs." On a bien saisi que les combats féministes, les académiciens s'en cognent comme de savoir utiliser leur épée, et c'est regrettable. Mais je partage leur souci de la cohérence du langage et j'espère rencontrer un ensemble de règles, qui incluent les femmes à égalité avec les hommes sans rendre l'écriture imprononçable.


Pendant ce temps persistent les combats d'égalité des droits, de reconnaissance dans le monde du travail, de représentativité dans la sphère publique, de lutte contre les préjugés et les violences faites aux femmes, et les combats pour la reconnaissance des minorités sexuelles. 
On sait que trop de femmes peinent à se faire payer au niveau de leurs collègues mâles, des femmes à qui on reproche leur éventuelle grossesse, qui se font tripoter ou subissent des remarques incessantes sur leur apparence, comme si elles n'étaient que des éléments de déco (et qui savent que quand leurs patrons adoptent l'écriture inclusive, ça ne change rien pour elles)... Et je ne parle pas de celles, reléguées dans des situations d'esclavage conjugal ou social, dont le corps n'est qu'un outil à la merci des hommes ; celles que la grande majorité des défenseurs de l'écriture inclusive ignorent confortablement.

L'écriture inclusive est le parfait exemple d'un faux combat. Le féminisme est ailleurs.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Par souci d'honnêteté je laisse  cet article en ligne même si je le renie totalement aujourd'hui, mais au moins pour me pettre ce présent ajout. 

Ma perception de l'écriture inclusive, comme un moyen de rendre visible les femmes à travers le langage, et comme outil d'une langue juste, a évolué au contact de militant.e.s féministes et de personnes qui proposent de nouvelles règles. Au contact de gens concernés par ces questions et qui en ont exploré les possibilités, je ne parviens plus à justifier certains usages actuels : le masculin neutre, le masculin pour un groupe mixte, le masculin par défaut, les professions au masculin, etc. Le langage reflète nos choix de civilisations ; celle que je souhaite est égalitaire.

La langue n'a rien de figé ni de légitime par essence. La langue change, on peut la faire changer selon que changent nos sensibilités.
Je laisse ce vieil article ici, également pour mesurer le chemin parcouru.

Paco, décembre 2022.

25 octobre 2017

La rentabilité dans le secteur du rire.

Quand on adopte les règles de la productivité au secteur marchand de l'humour, les choses deviennent assez tristes. 
Certains humoristes se soumettent eux-même à un cahier des charges contraignant, à croire qu'il y a le CAC 40 derrière eux qui poussent à la rentabilité ! "Un rire toutes les 10 secondes !"... "toutes les 7 secondes !"... "toutes les 5 secondes !"

17 octobre 2017

"Syrie : Daesh chassé de Raqqa" - décryptage d'une couverture médiatique

"Syrie : Daesh perd Raqqa" ; "Raqqa libérée de Daesh"... les gros titres du jour, dans les médias français, communiquent la joie de cette victoire sur l'organisation terroriste. 
L'armée syrienne — après 4 mois de combats et des milliers de morts dont un tiers de civils — a donc repris Raqqa. "Avec le soutien de la coalition internationale", précise BFM, la plus influente des chaînes d'info TV.
Ce qu'on voit est un traitement binaire, les méchants vaincus par les gentils : d'un côté, des civils qui disent avoir "traversé l'enfer". Des textes sous les images précisent les atrocités commises par Daesh, 270 enfants tués, des civils pris comme boucliers humains, les châtiments rituels, décapitations et lapidations sur les grandes places... l'horreur. 
De l'autre côté : des soldats en liesse, des groupes d'hommes qui dansent. Une femme qui plante un drapeau victorieux. 
Cette image d'une armée "régulière" qui fait une place aux femmes nous semble rassurante, à nous, téléspectateurs européens, attachés à la liberté, aux droits des femmes et opposés à l'obscurantisme fondamentalistes.

24 août 2017

MailJet. Ils sont jeunes et business friendly, différents mais pourtant unis...

ils sont jeunes, souriants, motivés, business friendly, 
ils sont différents mais pourtant unis.
ils portent des projets ouverts, fairtrade, porteurs d'investissements.
ils travaillent en coworking, en contexte de lean-management,

leur modèle économique à un visage humain.
ils représentent la société de demain
chez MailJet, ils ont l'air d'y croire...





qu'on se rassure, ça n'est qu'une affiche. 
I.R.L., ils râlent le matin en allant bosser. I.R.L. ils connaissent le stress, ils mangent mal même s'ils mangent bio, parce qu'ils n'ont pas le temps de faire mieux. I.R.L., leurs rapports de hiérarchie génèrent peut-être frustration et jalousie. I.R.L. ils font ça pour de l'argent. 
I.R.L. ils font caca.